samedi 19 mars 2016

Rencontre avec Olivia Profizi

Rencontre Littéraire

 


Le 19 mars 2014, un an après la publication de son premier roman Les Exigences, aux éditions Actes Sud, Olivia Profizi nous fait l'honneur d'une entrevue en toute intimité.

L'occasion pour nous de revenir sur cette œuvre où violence et courage se côtoient, tout en évoquant le processus d'écriture et le parcours de la romancière.

Une rencontre proposée par Hélène Duffau, écrivaine et enseignante à l'Université de Toulouse II - Jean Jaurès et organisée par les étudiants du master métiers de l'écriture.


Pour ma part, ce fut la première et unique fois où j'endossai le rôle d'animateur lors d'une rencontre du master. Une belle expérience qui reste l'un de mes meilleurs souvenirs de ces deux années.


                       
   

La seconde vidéo est une interview qui fait suite à la rencontre entre la romancière Olivia Profizi et les étudiants du master métiers de l'écriture.

Laura Peyronnet interroge l'écrivaine sur l'importance d'une formation spécialisée dans les métiers de l'écriture et de la création littéraire.         

                                                                                                                                                                                                                                              

dimanche 6 mars 2016

Le Repas Dominicale

Coup de Cœur : Court-métrage d'animation

 


http://cinema.arte.tv/fr/article/gagnant-du-meilleur-court-metrage-au-cesar-le-repas-dominical#.VtoGmfJdsRk.facebook

Grand gagnant de cette année au César dans la catégorie court-métrage, ce petit film d'animation possède une narration riche, profonde et un texte percutant. Céline Devaux offre une vision d'un repas familial dans lequel tout le monde peut se reconnaître.

La voix off éraillée de Vincent Macaigne est à la fois hypnotique et dérangeante. C'est une voix éreintée, fatiguée qui est déjà désabusée de la situation qui se présente. Une voix intérieure universelle que chacun tente de faire taire, mais qui ne demande qu'à s'exprimer. Une voix étouffée qui se répète et explose par moment.

Le dessin qui laisse la part belle à des images métaphoriques retranscrit parfaitement le désarroi du protagoniste principal, Jean, face à cette famille ordinaire qui tente de lui prouver qu'elle est à l'aise avec son homosexualité. Pourtant les lignes de chacun des personnages se confondent et Jean fini par être happé et écrasé par ses proches, devenant un simple objet du quotidien.

Une œuvre intrigante, qui dépeint une situation embarrassante tellement anodine, qu'elle en devient viscéralement universelle.

 

jeudi 3 mars 2016

Le Cristal et la Citrouille

Court-métrage

 


Christelle, médium, voit l'avenir dans les cartes.
Johana, lycéenne, voit son avenir dans le cinéma...

Un court-métrage proposé par la médiathèque du Grand M de Toulouse dans le cadre du Mois du Doc et soutenu par Toulouse Métropole. Six jeunes s'initient à la réalisation d'un documentaire le temps d'un atelier sous la direction d'Iñès Compan. Une production de l'association 2 Soleils 2 Lunes.

Réalisé en octobre 2015, cet atelier fut une bonne expérience pour moi, riche en rencontres et en découvertes. 

Si vous voulez en savoir plus sur les productions 2 Soleils 2 Lunes et sur les réalisations d'Iñès Compan, découvrez le blog de l'association.
http://asso2soleils2lunes.blogspot.fr/2015/11/projection-du-film-de-latelier.html?spref=fb

                                      
                                               Le Cristal et la Citrouille from 2soleils2lunes on Vimeo.

Et en bonus, quelques photos du tournage et de la projection qui s'est tenue à la médiathèque du Grand M.




mercredi 25 mars 2015

Le Champ des Livres

Lecture Automnale au Banquet 2014 de Lagrasse

 

Rentrez au cœur du livre. Les étudiants du master métiers de l'écriture vous proposent une mise en voix des textes sous la supervision de Mathilde Bonazzi. Partez à la découverte des textes dans cette création sonore et littéraire. Un montage qui révèle le geste d'écriture de l'auteur.

Choisissez une couverture qui vous dévoilera le livre d'une autre manière.



© Julien Durand

vendredi 21 mars 2014

Les Exigences d'Olivia Profizi

Critique Littéraire

 

Mon avis sur le roman d'Olivia Profizi, Les Exigences. Une critique écrite en février 2014 à l'occasion d'une rencontre avec l'auteure. Attention des spoilers sur la fin de l'histoire sont présents.





Rachel a tenté de mettre fin à ses jours. Hospitalisée, elle va peu à peu reprendre pied. La raison d'un tel geste, suite à un chagrin d'amour que toute jeune fille connaît un jour, elle va se tourner vers un ami de sa mère pour la réconforter. Maxence, plus âgé qu'elle, artiste peintre raté, aux déviances sexuelles, va entraîner la jeune fille dans des caves sordides, offerte sur une table de sacrifice à d'autres hommes.

Traiter d'une relation où dominance et soumission règnent, la chose n'est pas nouvelle. Le marquis de Sade, le maître en la matière, savait comment retranscrire des scènes toujours plus morbides où sexe et violence cohabitaient, où les personnages féminins étaient à la fois dominés par l'acte et le langage. Les amants fusionnels, la culture populaire d'aujourd'hui ne les a jamais autant mis en avant. Cependant, la passion qui les anime est parfois tourmentée par une violence latente – succès de Cinquante nuances de Grey oblige – qui s'extériorise au fil du récit allant toujours plus loin vers les pratiques sadomasochistes.

À première vue, Les exigences, édité chez Actes Sud, surfe sur cette vague, mais là où les autres écrivains enchaînent les passages érotiques de plus en plus choquants, on trouve dans l’œuvre d'Olivia Profizi, un récit où le personnage féminin est en quête de compréhension et de reconstruction. Et c'est là, la force de ce roman, prendre une idée originelle en la traitant de manière originale.

Sans jamais faire dans le sensationnel, l'évocation des sévices que Rachel a subis intervient par petite touche discrète, évitant les longues descriptions, là où d'autres écrivains, page après page, vont augmenter le degré de souffrance et exploiter la thématique de manière pornographique. Non, l’intérêt de l’œuvre est l'après, quand le point de rupture se déclenche, que la douleur n'est plus acceptable, et qu'il est parfois trop tard pour revenir en arrière.

Le roman d'Olivia Profizi soulève beaucoup d'interrogations. Sur la position de Rachel, au sein de sa relation avec Maxence, victime abusée ou bien individu consentant. Elle finit par accepter ses responsabilités dans cette relation, même si son entourage n'est pas dupe de l'influence néfaste qu'a pu représenter ce sexagénaire. Un homme qui, lui, va peu à peu sombrer dans la colère et la peur. Une colère contre Rachel, avec un secret qui s'expose au grand jour, et la peur de perdre le pouvoir, face à un corps toujours plus vieillissant, une virilité qui disparaît, accentuée par la vision de son père malade, atteint d’Alzheimer. Cela offre une psychologie plus sombre au personnage qui, pour rester lui-même, doit parvenir à dominer l'autre. Au plus mal, Rachel pensera que c'est dans sa nature de subir, peut-être folle, ne distinguant plus la frontière entre le bien et le mal. Pourtant, on comprend vite qu'il n'en est rien, car si Rachel accepte les exigences de son bourreau, elle ne parvient jamais à faire subir les mêmes sévices à ces partenaires lors de ces jeux érotiques.

Pour son premier roman, c'est un véritable exercice de style auquel s'adonne l'écrivaine. Choisissant un système d’énonciation à deux voix, l'auteure offre le point de vue de Rachel et celui de Maxence, alternant les deux narrateurs tout au long du récit. Les phrases sont construites de manière à retranscrire la pensée de chacun des protagonistes, des phrases courtes, parfois juste un mot, pour le cheminement de la pensée de Rachel, et plus longues pour accentuer la voix masculine qui, cependant ne parvient pas toujours à convaincre, à un point que l'on pense avoir à faire un narrateur féminin pendant les premières pages, alors que c'est Maxence qui commence le récit. La faute sans doute à une quatrième de couverture trompeuse, qui met avant tout l'accent sur l'aspect héroïque de Rachel. À noter aussi, les dialogues entre Rachel et le Dr Lasalle, qui finissent par être souhaités tant ils offrent des instants riches, où l'héroïne fait preuve de beaucoup d'ironie face à sa situation.

Après la lecture de ce premier roman d'Olivia Profizi, je reste sur une impression mitigée tant par le thème abordé, qui pourra laisser bon nombre de lecteurs sur le bas-côté, que par une intrigue qui ne laisse aucun doute sur la conclusion d'une l'histoire, un peu trop conventionnelle utilisant l'opposition de l'ombre face à la lumière et de l'ascension face à la descente aux enfers. Pourtant ne pas ouvrir ce livre ou le refermer trop vite, c'est rater de très beaux moments, comme la relation entre Rachel et ses parents qui parviennent à affronter des vérités jusque-là non évoquées ou encore Maxence qui finit par se révéler tel qui l'est à sa femme. On s'attache aux personnages et la torture psychologique à laquelle ils se soumettent, soit pour retrouver un équilibre, soit pour s'enfoncer encore plus dans la solitude et le tourment, laisse entrevoir la maturité d'une grande auteure en devenir.

Au final Olivia Profizi nous livre un beau combat dans lequel Rachel, grâce à l'écriture, parvient à trouver la guérison. Les exigences de la domination laissent place au langage de la reconstruction.